Incidence croissante du cancer invasif du col de l’utérus en Suède après le lancement de la vaccination HPV

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Analyse des données officielles suédoises et raisons de la rétractation de l’article publié dans l’Indian Journal of Medical Ethics

juin 24, 2026

Un article « Increased incidence of cervical cancer in Sweden: Possible link with HPV vaccination » publié en 2018 dans l’Indian Journal of Medical Ethics (IJME) a attiré l’attention en mettant en lumière une augmentation notable de l’incidence du cancer invasif du col de l’utérus en Suède, particulièrement entre 2014 et 2015, et en avançant l’hypothèse d’un lien possible avec la vaccination contre le HPV (papillomavirus humain).

source: https://noone00.substack.com/p/incidence-croissante-du-cancer-invasif?utm_source=post-email-title&publication_id=1820528&post_id=203322060&utm_campaign=email-post-title&isFreemail=true&r=1x6yu2&triedRedirect=true&utm_medium=email

Fig. 1 : Augmentation de l’incidence du cancer du col de l’utérus chez les femmes plus jeunes (< 50 ans) par rapport aux femmes âgées de 50 ans et plus. Les données indiquent le nombre de cas pour 100 000 femmes entre 2006 et 2015.

L’auteur, se présentant sous le pseudonyme de Lars Andersson, s’appuie sur les données du Centre suédois pour la prévention du cancer du col de l’utérus (NKCx) et de la base statistique du National Board of Health and Welfare. Selon ces chiffres, l’incidence âge-standardisée du cancer invasif a augmenté de manière substantielle au cours des deux années concernées (environ +20 %), avec une hausse statistiquement significative sur la période 2005-2015. L’augmentation est particulièrement marquée chez les femmes âgées de 20 à 49 ans (passage de 202 cas en 2006 à 317 cas en 2015, soit +50 %), alors qu’aucune hausse apparente n’est observée chez les femmes de plus de 50 ans.

Fig. 2 : Évolution relative, en pourcentage, de l’incidence du cancer invasif du col de l’utérus en Suède entre 2006 et 2015, selon les tranches d’âge. Ce graphique s’appuie sur les données issues de la base de données statistiques de l’Office national de la santé et du bien-être social de Suède. L’incidence du cancer est ajustée en fonction de l’âge, selon la population suédoise de référence de l’année 2000.

L’article explore plusieurs explications possibles, mais insiste particulièrement sur l’hypothèse vaccinale. Il rappelle que les vaccins contre le HPV (comme Gardasil, approuvé en Suède en 2006) sont efficaces principalement chez les femmes « naïves » (non encore exposées aux types oncogènes HPV 16 et 18). En revanche, chez les femmes déjà exposées (non-naïves), les essais cliniques soumis à la FDA ont montré une efficacité négative (-25,8 %) et une augmentation des lésions prémalignes (CIN2/3 et adénocarcinome in situ).

L’auteur évoque également la possibilité d’une réactivation virale : la vaccination pourrait stimuler non seulement les types ciblés par le vaccin, mais aussi d’autres types oncogènes non ciblés (notamment HPV 52 et 56), augmentant ainsi la charge virale globale chez certaines femmes. Il souligne le timing : le déploiement massif de la vaccination chez les adolescentes et jeunes femmes coïncide avec l’augmentation observée quelques années plus tard, période compatible avec la latence courte de certains cancers du col.

L’article conclut que ces éléments justifient des études complémentaires, en particulier chez les femmes déjà exposées au HPV, afin d’évaluer correctement le rapport bénéfice-risque du vaccin, surtout dans des contextes où l’exposition précoce au virus est fréquente.

Explication de la rétractation

L’article a été officiellement rétracté par la rédaction de l’*Indian Journal of Medical Ethics* peu après sa publication. La raison principale n’est **pas** le contenu scientifique ou les données présentées, mais la **malhonnêteté de l’auteur** concernant son identité :

– L’auteur a initialement fourni un nom (Lars Andersson) et une affiliation prestigieuse (Karolinska Institutet) qui étaient **faux**.

– Confronté, il a admis avoir utilisé un pseudonyme et une fausse affiliation.

– Il a ensuite révélé sa véritable identité à l’éditeur sous promesse de confidentialité, en invoquant une « menace crédible de harm » (risques personnels liés à la publication de contenus critiques sur les vaccins).

– Les relecteurs avaient jugé l’article scientifiquement valable (données publiques, méthode statistique simple, appel à davantage de recherches).

Malgré une première décision de conserver l’article après correction de l’affiliation (en mai 2018), les éditeurs ont finalement choisi la rétractation sous la pression de leur comité éditorial et d’autres experts, qui ont insisté sur une **tolérance zéro** envers la tromperie, quel que soit le mérite scientifique du texte. Les éditeurs ont regretté leur « erreur de jugement » initiale.

Ils ont néanmoins maintenu que le débat scientifique sur les vaccins HPV reste crucial, particulièrement dans les pays à forte incidence de cancer du col, et ont encouragé la poursuite des recherches sur l’hypothèse d’un risque chez les femmes préalablement exposées au virus. La rétractation porte donc sur des questions d’intégrité et d’éthique éditoriale, et non sur la validité intrinsèque des données ou de l’analyse statistique présentées.

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