Une étude évaluée par des pairs soutient que la modification génétique de tiques afin de propager les allergies à la viande serait « moralement obligatoire »

Des professeurs de la Western Michigan University proposent d’utiliser des tiques modifiées par CRISPR pour propager le syndrome alpha-gal et dissuader la consommation de viande.

Des professeurs de la Western Michigan University avancent que des tiques génétiquement modifiées à l’aide de la technologie CRISPR pourraient être utilisées pour diffuser le syndrome alpha-gal, dans le cadre d’une stratégie de « bioamélioration morale » destinée à pousser les êtres humains à renoncer à la consommation de viande.C’est complètement absurde.Un récent article scientifique publié dans une revue à comité de lecture, intitulé « Beneficial Bloodsucking »(La succion de sang bénéfique), avance que le syndrome alpha-gal — une maladie transmise par les tiques pouvant rendre certaines personnes allergiques à la viande rouge — devrait être envisagé comme une forme de « bioamélioration morale ».Les auteurs, des professeurs de la Western Michigan University, soutiennent que puisque la consommation de viande serait moralement répréhensible, la propagation intentionnelle d’une allergie à la viande au moyen de tiques génétiquement modifiées grâce à la technologie CRISPR pourrait rendre les individus plus « vertueux » en les poussant à renoncer à la viande de mammifères.L’article soutient que la « licéité » de cette proposition repose sur trois formes de modification génétique des tiques étoilées (Lone Star):les modifier afin qu’elles transmettent le syndrome alpha-gal ;les modifier pour accroître leur survie et favoriser leur dissémination ;les modifier pour qu’elles ne transmettent plus d’autres maladies, comme la tularémie ou l’ehrlichiose.Les auteurs citent explicitement la technologie CRISPR comme preuve de la faisabilité de telles manipulations. Selon eux, si les scientifiques peuvent modifier des tiques afin d’influencer la transmission de la maladie de Lyme, des approches similaires pourraient être appliquées aux tiques étoilées afin de diffuser le syndrome alpha-gal.Leur conclusion est particulièrement troublante : ils affirment que la promotion du syndrome alpha-gal constitue une « obligation morale ». Autrement dit, les chercheurs auraient, selon eux, le devoir de développer des tiques capables de transmettre cette affection, et les acteurs humains pourraient être moralement justifiés d’exposer autrui à ce syndrome plutôt que d’en empêcher la propagation — voire de faire obstacle aux tentatives visant à le traiter ou à le prévenir.Or, le syndrome alpha-gal n’a rien d’une simple mesure destinée à encourager de « meilleures habitudes de vie ». Il s’agit d’une affection allergique potentiellement grave, parfois mortelle, pouvant apparaître après une piqûre de tique. Les symptômes incluent notamment des éruptions cutanées, des troubles gastro-intestinaux et des réactions allergiques sévères pouvant aller jusqu’au choc anaphylactique. Ces réactions peuvent être déclenchées par la consommation de viande de mammifères, certains produits dérivés d’origine animale, des produits laitiers dans certains cas, ainsi que certains médicaments.Cette affection touche déjà un nombre important d’Américains. Les Centers for Disease Control and Prevention estime que plus de 110 000 cas suspects ont été identifiés entre 2010 et 2022, tandis que le nombre réel pourrait être beaucoup plus élevé, le syndrome alpha-gal n’étant pas une maladie à déclaration obligatoire et de nombreux patients n’étant jamais diagnostiqués.Le CDC estime d’ailleurs que jusqu’à 450 000 personnes aux États-Unis pourraient être atteintes.Il faut mesurer la portée de ce qui est proposé : développer délibérément des tiques génétiquement modifiées afin de propager une allergie à la viande potentiellement mortelle dans une population où cette affection pourrait déjà toucher près d’un demi-million de personnes.Cela ne ressemble pas à une politique de santé publique. Cela évoque plutôt une forme de bioterrorisme présentée sous le vernis de la bioéthique.Et cette réflexion ne surgit pas dans un vide technologique. La Bill & Melinda Gates Foundation a déjà financé des travaux portant sur des tiques génétiquement modifiées, notamment en accordant plus de 7,6 millions de dollars à Flyboxen 2023 pour soutenir le développement d’une « tique auto-limitante » destinée à lutter contre la tique tropicale du bétail, Rhipicephalus microplus.Ce projet diffère de celui lié au syndrome alpha-gal et vise les tiques du bétail plutôt que les tiques étoilées. Il met néanmoins en lumière une réalité plus large : les tiques génétiquement modifiées ne relèvent plus de la simple théorie. Elles font déjà l’objet de financements, de programmes de développement et d’initiatives de commercialisation.

Source:FOCAL POINTS (Courageous Discourse)Peer-Reviewed Paper Says Genetically Engineering Ticks to Spread Meat Allergies Is “Morally Obligatory »by Nicolas Hulscher, MPH…

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *